Industrie du disque

Le patron d'iTunes Europe fait le bilan de 2009

Ce n'est pas tous les jours qu'un responsable d'iTunes s'exprime en public. Oliver Schusser, directeur d'iTunes Europe, a répondu à quelques questions de la BBC.

Pas de déclaration fracassante, mais l'occasion de faire le point sur l'évolution de la musique en ligne. Pour lui, la plus grande réussite d'Apple ces douze derniers mois, a été le lancement d'iTunes 9. Il se félicite également du succès qu'a rencontré le festival iTunes cet été à Londres.

De manière plus générale, il a indiqué que les objectifs d'iTunes restaient les mêmes pour 2010 : "Notre challenge numéro un depuis six ans est de convaincre les gens que la meilleure façon d'obtenir du contenu, c'est de l'acheter et non de le voler sur Internet". Il explique en substance que ce challenge pousse Apple à améliorer constamment iTunes.

Interrogé au sujet du piratage, il en profite également pour envoyer une pique à l'industrie du disque. "Je suis sûr que si vous demandez à l'IFPI (International Federation of Phonographic Industry), ils vous diront que 90 % de la musique téléchargée au Royaume-Uni est piratée. Mais il est quand même fascinant de voir les progrès que nous avons faits durant ces cinq dernières années".

Toutefois, il reste lucide. Apple a encore beaucoup à faire. "À vrai dire, la plupart des gens au Royaume-Uni achètent encore des CD. Dans l'industrie de la musique, nous représentons une part relativement petite", une manière polie de répondre à certains acteurs qui s'inquiètent de la montée en puissance d'iTunes.

Apple sur le point de racheter LaLa.com ?

Apple serait en discussion pour racheter LaLa. C'est du moins ce qu'affirme Bloomberg News, citant deux sources proches du dossier.
LaLa est un service de musique en ligne qui a lancé récemment une application iPhone assez intéressante : au lieu d'acheter la musique, vous achetez un "flux" (10 cents par titre). Vous ne téléchargez pas la musique, mais vous pouvez la "streamer". Il est possible via Facebook notamment de partager ses découvertes avec ses amis.
Récemment, Bill Nguyen, le patron de lala.com, insistait sur l'aspect social qui le différencie des autres services et notamment d'iTunes (lire : Lala.com, le modèle social). « Je pense que ce qui nous différencie d'autres services de musique, c'est qu'on s'attache à vous aider à découvrir de la nouvelle musique en utilisant les comportements sociaux. Avant on avait de grandes radios, et MTV, qui nous aidaient à trouver de la musique, mais beaucoup de ces sources n'existent plus vraiment comme elles le faisaient ».
Avec un tel rachat, Apple pourrait doter iTunes d'une fonction streaming et venir concurrencer des services comme Spotify. Apple pourrait également ainsi renforcer sa présence sur les réseaux sociaux, un domaine qui semble l’intéresser de plus en plus.
Lala dispose d'un catalogue de plus de 8 millions de titres et a des accords avec EMI Music, Warner Music Group, Sony BMG Music Entertainment et Universal Music Group. Bill Nguyen en octobre indiquait avoir réalisé un chiffre d'affaires de 10 millions de dollars et avoir 100 000 clients. À suivre…

iTunes : 25 % des ventes de musique aux États-Unis

iTunes est le plus gros point de vente de musique outre-Atlantique. Au premier semestre, 25 % de la musique a été achetée sur iTunes aux États-Unis, tout support confondu. Selon la société NPD, Apple possédait une part de marché de 25 % au premier semestre 2009. Ce chiffre est en constante progression : 14 % en 2007 et 21 % en 2008. Le géant de la distribution Walmart arrive en deuxième position avec une part de marché de 14 %, en comptant également les ventes de son disquaire en ligne. Apple a de la marge sur son concurrent direct…

2009 : nouvelle étape pour la musique en ligne ?

Toujours selon les statistiques de NPD, la musique en ligne de manière générale gagne du terrain : 20 % en 2007, 30 % en 2008 et 35 % des ventes totales de musique aux États-Unis sur les six premiers mois de l'année.

Si l'on se concentre uniquement sur ce segment, iTunes demeure le leader incontesté avec une part de marché de 69 %. La place de dauphin est occupée par Amazon MP3 avec une part de marché de 8 %.

via SAI

Cocktail : aller au-delà de la musique

Ces derniers jours, deux rumeurs sont apparues simultanément et semblent plus ou moins liées : la tablette Apple et Cocktail. Concernant ce dernier, on a relativement peu de détails si ce n'est qu'Apple et quatre majors (EMI, Sony, Warner et Universal) travaillent sur ce concept depuis un certain temps. L'idée pour faire simple est de combiner la vente d'un album avec une application.

Jusqu'à présent, l'expérience d'achat d'un disque numérique sur iTunes (ainsi que chez ses concurrents) était assez minimaliste.

iTunes Match : une privatisation de la licence globale ?

Apple avec iTunes Match, puis plus récemment RIM avec BBM Music (lire : RIM : Android pour les smartphones QNX et BBM Music), sont-ils en train de changer la donne en ce qui concerne la musique en ligne ? C’est la question posée par l’Adami (l’administration des Droits des Artistes et Musiciens Interprètes) aux majors dans une lettre ouverte [format PDF]. La société de gestion collective voit dans iTunes Match un outil de “blanchiment” de titres illégaux et dans BBM Music, un service de peer-to-peer légalisé.

Rappelons que le premier permet d’avoir dans le nuage toutes les musiques stockées sur votre ordinateur, alors que le second offre la possibilité de partager des morceaux avec ses contacts.

Loin de s’opposer à ces nouveaux services, elle affirme dans son communiqué craindre “en revanche à travers ces accords une nouvelle étape vers une licence globale privée aux seules mains des producteurs phonographiques”. L’Adami milite pour de nouveaux mécanismes de répartition adaptés à l’Internet avec notamment une gestion collective des droits musicaux sur le net. Elle rappelle que cette proposition a été soutenue par le Président de la République, mais refusée dernièrement par les producteurs phonographiques.

Dans sa lettre ouverte, l’Adami demande entre autres aux majors si elles vont y souscrire en France et si de leur part, cela représente un changement significatif de stratégie.

Voici la lettre :
Monsieur le Président directeur général,

Les géants nord-américains Apple et BlackBerry ont ces dernières semaines lancé leur nouveau service de musique en ligne. ITunes Match pour l’un et BBM-Music pour l’autre.

Ces applications viennent une fois de plus bousculer notre approche de la musique à l’ère du numérique et obligent toute la filière à s’adapter.

iTunes Match permet à quiconque de bénéficier sur son espace iCloud d’un fichier musical iTunes à partir d’un fichier mp3 présent sur son disque dur. Un fichier « rippé » téléchargé de manière illicite peut ainsi devenir licite. BBM-Music quant à lui légalise les échanges peer to peer entre abonnés au service.

Au passage, c’est la confirmation, comme nous l’avons exprimé à plusieurs reprises, que l’achat à l’acte tend incontestablement à disparaitre.

Ces services, payants, ont fait l’objet d’un accord avec la Major que vous représentez en France. Une part conséquente de chaque abonnement sera ainsi reversée à votre société.

Ces innovations, qui concernent en premier lieu les artistes que nous servons tous, entraînent un certain nombre de questions :

- Sur quelle base s’appuie cet accord ? Comptez-vous, pour la France, y souscrire ?
- Ces abonnements annuels correspondent-ils à un changement de stratégie de votre part : marchandisation des échanges illégaux contre répression des utilisateurs des services de peer to peer telle que vous l’avez toujours défendue jusqu’ici à travers Hadopi ?
- Sur cet abonnement quelle sera la part nette moyenne reversée aux artistes ?:
- Le droit exclusif, sous sa forme contractuelle, et selon la répartition actuelle entre artiste et producteur, est-il encore adapté à la disparition progressive de l’achat à l’acte et à la généralisation des forfaits ?

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de bien vouloir agréer Monsieur le Président Directeur Général l’expression de mes salutations les plus amicales.

[Via : Pcinpact]

"Steve Jobs est personnellement responsable de la mort de l'industrie musicale" (Jon Bon Jovi)

Jon Bon Jovi, leader du groupe de Hard FM américain Bon Jovi qui a connu son heure de gloire dans les années 1980, n'aime pas Steve Jobs. Selon lui, le PDG d'Apple est "personnellement responsable de la mort de l'industrie musicale", rien que ça.

http://static.igeneration.fr/img/2011/2/iTunes-20110314-212008.jpg

Que reproche Jon à Steve Jobs ? Plein de choses, mais on pourrait les résumer à la numérisation de la musique. Jon Bon Jovi n'a manifestement pas digéré la fin des disques vinyles, des pochettes et de la découverte de la musique au casque : « Les jeunes de nos jours ont totalement perdu l'expérience de mettre des écouteurs, mettre le volume à 10 [NDT : le volume maximum sur un ampli, enfin, sauf les amplis exceptionnels] tenir la pochette, fermer leurs yeux et se perdre dans un album ; et aussi la beauté de prendre son argent du mois et de prendre une décision basée sur la pochette, pas en connaissant déjà la musique, mais en regardant des images et en imaginant la musique. »

Si vous aussi, vous regrettez que l'iPod n'ait jamais eu d'ampli à tubes, rendez un service à ce pauvre John, n'achetez surtout pas les albums de Bon Jovi dans l'iTunes Store…

via 9To5 Mac

Musique en ligne : iTunes domine toujours

iTunes domine toujours autant l'industrie de la musique en ligne aux États-Unis. D'une année sur l'autre, elle a même gagné du terrain. Selon NPD, sa part de marché est passée de 63,2 % à 66,2 %. De son côté, Amazon s'impose de plus en plus comme le challenger d'Apple sur ce segment. La part de marché d'Amazon MP3 est passée de 11 à 13,3 %.

Reste que les progrès du géant de commerce en ligne sont relativement modestes au vu des moyens déployés. Pour se faire une place au soleil, Amazon casse les prix et vend souvent des morceaux à perte. Elle applique la même stratégie que pour le Kindle, mais avec moins de succès manifestement.

À noter que les chiffres avancés par NPD ne reflètent pas forcément la réalité selon certains responsables de labels. D'après eux, la part de marché d'iTunes serait proche de 90 % alors que celle d'Amazon MP3 oscillerait au mieux entre 6 et 10 %.

[Via : AppleInsider]

Apple et Google seraient tentés par Spotify [MAJ]

Si Spotify connait un succès important en Europe, le service de streaming n'a toujours pas été lancé aux États-Unis, la faute aux labels particulièrement frileux (lire : Apple savonne la planche de Spotify ?). Si la start-up suédoise poursuit son développement, manifestement, elle ne serait pas contre l'idée d'un rachat.

Apple se serait renseigné, mais les négociations - si elles existent vraiment - seraient à un stade très peu avancé. De son côté, Google aurait déjà tenté une approche l'année dernière au moment où Apple négociait avec Lala.com. Selon une source de TechCrunch, le deal était à deux doigts de se faire et le géant de l'internet était prêt à mettre un milliard de dollars sur la table.

Les négociations ont capoté pour deux raisons. Tout d'abord, Spotify s'est montré semble-t-il très gourmand. En cas d'échec, la société voulait parait-il que Google lui reverse pas moins de 800 millions de dollars. AdMob avait à l'époque négocié une garantie similaire. Mais ce sont des histoires de contrat qui ont fait capoter l'affaire. Et les négociations avec Apple pourraient ne pas aller très loin pour les mêmes raisons.

En effet, les contrats qui lient Spotify aux maisons de disque sont rompus et doivent impérativement être renégociés en cas de rachat. Face à un géant comme Google ou Apple, nul doute que les majors se montreront nettement plus gourmandes. Reste qu'avec iTunes, la firme de Cupertino a également moyen de faire pression sur ses partenaires.

Après l'échec des négociations l’année dernière, Google et Spotify ont essayé de s'entendre afin que Spotify soit préinstallé sur les téléphones Android, mais là encore, elles n'ont pas réussi à se mettre d'accord.

Sur le même sujet :
- iTunes : une formule similaire à Spotify dans les tuyaux ?

[MAJ] Concernant l'éventuel rachat par Apple, Spotify a vivement démenti la rumeur : "Normalement nous ne réagissons pas aux commentaires sur des spéculations qui peuvent de près ou de loin concerner Spotify, mais nous voulons être clairs, nous n'avons absolument aucune intention de vendre Spotify. Nous travaillons tous les jours à construire le meilleur service de musique afin qu'il s'inscrive sur le long terme."

iTunes : une formule similaire à Spotify dans les tuyaux ?

Vu les derniers développements sur la question (lire : Apple savonne la planche de Spotify ?), on ne sait quel crédit apporter à cette rumeur, surtout qu’elle provient du New York Post qui est loin d’être d’une source 100 % sûre. Quoi qu’il en soit, selon Claire Atkinson, le patron d’iTunes, Eddy Cue, aurait récemment rencontré bon nombre de responsables de maisons de disque afin de faire le point. Le tout dans un contexte morose, les ventes en ligne de musique ne progressent plus outre-Atlantique.

Parmi les idées évoquées pour relancer l’industrie de la musique en ligne, l’idée d’une offre similaire à Spotify a été évoquée avec différents forfaits compris entre 10 et 15 $ permettant d’écouter de la musique de manière illimitée. Une révélation étonnante lorsque l’on sait que des responsables d’Apple auraient dans le même temps fait savoir aux majors qu’ils doutaient fortement que ce type d’offre puisse générer des revenus importants. À moins que la société californienne cherche à gagner du temps…

Apple savonne la planche de Spotify ?

Le lancement de Spotify a été reporté à plusieurs reprises aux États-Unis. La start-up suédoise qui espère lancer son service d’ici la fin de l’année, peine à finaliser les négociations notamment avec les majors..

Et il semble qu’en coulisse, Apple fasse le nécessaire pour les dissuader. La firme de Cupertino doute que ce type de services puisse générer des revenus significatifs pour les maisons de disque. Selon elle, le seul impact que cela pourrait avoir, c’est de faire baisser les ventes de musique en ligne. Quand on connait l’importance d’iTunes outre-Atlantique…

Spotify arrive de plus à un mauvais moment, le « gratuit financé par la publicité » ne fait plus rêver les majors. Le patron de la Warner, Edgar Bronfman, dit avoir perdu confiance dans ce modèle économique.

Et c’est sans doute pour cela que les négociations patinent. Les majors chercheraient à obtenir des conditions financières extrêmement favorables avant de donner le feu vert à Spotify, quitte à lui rendre la mission impossible.