Dommage qu’il traine comme un parfum de forêt de conifères du côté de webOS. C’est le sentiment qui s’impose après quelques semaines d’utilisation d’un Pre3 de HP et après les récentes annonces du constructeur. À de nombreux égards, webOS peut en effet donner l’impression d’avoir le potentiel de véritablement se poser comme une alternative robuste à iOS, peut-être même plus qu’Android. Oh, le système d’exploitation est loin d’être parfait. Et s’il souffre d’un écosystème logiciel limité, il n’en multiplie pas moins les qualités.

À son lancement, une application apparaît en plein écran. L’essentiel est là, accessible du bout des doigts : par exemple, pour le client de messagerie, on trouve la liste des messages, un bouton nouveau message, et un bouton de rafraichissement de la liste - pour les serveurs n’offrant pas de push. La boîte de réception est unifiée, avec une séparation pour journée de réception : aujourd’hui, plus ancien. D’un clic sur un message, on en obtient le contenu. Et l’on peut alors répondre, répondre à tous, transmettre ou supprimer. Du grand classique. La suppression peut également se faire depuis la liste des messages, en glissant latéralement le message à supprimer - très intuitif pour un habitué à iOS. Le plus déroutant, au début, tient à la gestuelle de commande. Laquelle ne manque toutefois pas de pertinence.

Au sein d’une application, on revient à l’étape précédente (par exemple, on revient d’un courriel à la liste des messages), d’un glissement de doigt vers la gauche. En glissant le doigt vers le haut, on revient à l’écran principal et l’on «sort» de l’application. Même si celle-ci reste active en tâche de fond. C’est là qu’entre en jeu le fameux système de cartes de webOS : les applications dont on vient de sortir restent sur l’écran d’accueil sous la forme de cartes. Et pour supprimer une carte, on la saisit pour la glisser vers le haut de l’écran.
Premier petit bémol ici : les gestes de commande pour revenir en arrière ou sortir d’une application se font sur une zone précise, située sous l’écran du téléphone. Tandis que les autres interactions se font directement sur l’écran. Il faut quelques minutes pour s’y habituer, mais cela reste plutôt simple et efficace. On peut d’ailleurs aussi «cliquer» sur la zone tactile en dessous de l’écran pour «entrer» ou «sortir» d’une carte... Les gestes disponibles peuvent être finalement si élaborés qu’un tutoriel embarqué dans l’OS leur est consacré. Peut-être le signe qu’ils ne sont pas encore suffisamment intuitifs...
Une application peut avoir plusieurs cartes, lesquelles sont alors regroupées, empilées, sur l’écran principal lorsque l’on est sorti de l’application. Mais l’ouverture de nouvelles cartes n’est pas des plus pratiques : il faut dérouler le menu de l’application pour demander une nouvelle carte. C’est d’autre regret que l’on peut avoir avec webOS : le menu d’une application n’est pas un gadget, même s’il est caché en haut à gauche de l’écran. Il est même souvent très utile. Par exemple, c’est là qu’il faut aller chercher, dans les réglages de l’application Téléphone, tous les paramètres de téléphonie, jusqu’au verrouillage SIM, au choix du type de réseau, la gestion de l’itinérance de données, les réglages d’APN, etc. Logique, au final, mais contre-intuitif lorsque l’on est habitué à Android ou à iOS. En revanche, si l’on peut, depuis l’application téléphone, contrôler l’intégration Skype, celle-ci peut aussi passer par l’application de gestion des comptes - cartes SIM, compte Skype, comptes de messagerie, de messagerie instantanée, comptes Exchange, Facebook, LinkedIn, YouTube, etc.
Autre regret, l’accès aux applications qui n’est guère plus engageant qu’avec Android. À moins de recourir aux quatre malheureux raccourcis de l’écran d’accueil, ou de multiplier les cartes ouvertes, il faut en passer par un lanceur qui présente, d’abord, les applications, puis les «extras» proposés par HP - afficheur PDF, QuickOffice, Hotspot mobile pour le partage de connexion 3G en Wi-Fi, et interface SIM Toolkit - et enfin les outils systèmes. Là, on retrouve les réglages audio et de notification, d’affichage et de verrouillage, le gestionnaire d’applications installées, les réglages Wi-Fi, Bluetooth, VPN, et de géolocalisation, entre autres.

Mais, justement du côté des applications, le plus grand malheur de webOS n’est-il leur manque ? En fait, à bien y regarder, beaucoup d’utilisateurs trouveraient sûrement leur compte dans les quelques applications proposées pour la plateforme... Le client de messagerie natif est très efficace, sinon probablement plus agréable d’apparence que celui d’Android - mais c’est une question de goût. L’application Facebook est efficace, comme celle Foursquare. Celle de LinkedIn est en revanche trop limitée. Mais il y a aussi une application pour Viadeo. L’agenda n’est pas très complet et les alternatives sont limitées. Pareil côté météo; l’offre ne brille pas. L’App Catalog présente NDrive, côté GPS, mais il n’est pas accessible depuis la France. Il faut se contenter d’une application de cartographie basée sur Bing, fonctionnelle, mais sans navigation. Côtés actualités, on trouve les applications du Monde et du Figaro, notamment. Et bien sûr, on peut accéder aux sites Web. Et lancer chaque animation Flash manuellement, lorsque l’on le souhaite, pour en profiter à l’écran.

Globalement, webOS ne manque pas de qualités et peut même, par certains côtés, s’avérer plus séduisant et plus agréable, voire même plus complet - notamment sur la gestion des VPN - qu’Android. Et s’il est parfois déroutant, il s’apprivoise assez facilement. Bref, il apparaît assez vite évident que webOS n’a pas souffert d’autre chose que de l’absence d’investissements tels que ceux dont Android a bénéficié avec, notamment, la constitution d’un vaste écosystème - et non, les passionnés de webOS, même s’ils sont très dynamiques, ne suffisent pas à compenser, loin d’en faut. Et l’on serait presque tenté de le déplorer, encore plus après les récentes décisions de HP le concernant et concernant les produits associés. Reste qu’il ne sera de toute façon pas aisé d’imposer un quatrième OS mobile au milieu d’Android, iOS, et Windows Phone.

Pour le reste, le Pre3 n’est pas un smartphone particulièrement remarquable; il verse dans la moyenne. L’autonomie est un peu juste - avec une batterie de 1230 mAh, il ne faut pas demander la lune - au point qu’il est difficile de même tenir une journée sans recharge. L’écran est de bonne qualité - il fait jeu égal avec ceux de nombreux modèles HTC, par exemple - et la prise en main est globalement bonne même si le clavier physique avec ses petites touches peu espacées ne s’avère guère convaincant. On en regrette presque l’absence de clavier virtuel... Surtout, la forme un peu bombée de l’appareil le rend plus encombrant dans une poche de pantalon ou de veste que nombre de smartphones concurrents - et en premier lieu d’iPhone 4. Dernier regret : l’ouverture du capot arrière, pour changer la batterie ou la carte SIM, c’est un cauchemar.
Vos réactions
C' est certainement un oubli, mais Just Type est une fonctionnalité très importante qui permet de faire énormément de choses, et je ne vois aucune mention de cette grosse fonctionnalité. Ce n'est qu'un avis personnel, mais on ne peut pas présenter webOS et le Pre3 sans en parler, vu que du coup, l'accès aux applications, composition de messages, ... est extrêmement rapide ce qui est un avantage non négligeable par rapport aux autres systèmes.
Autre point, le Pre3, tout comme les autres smartphones Palm/HP peut se recharger par induction, donc fini les fils :)
Étrange, ce test : on attend un test du Pré 3, et on se retrouve avec un retour d'impressions sur webOS (fort intéressant, d'ailleurs).
Quelle est la différence avec le Pré 2, par exemple ? S'agit-il du même hardware avec une nouvelle version de webOS ?
Non, il y a une bonne évolution du hardware, et dispose de la dernière version de webOS (qui a Skype intégré au système).
L'écran a une meilleure résolution, et une taille supérieure, les touches du clavier sont plus espacées, l'appareil photo supporte enfin le mode macro, ce qui permet de faire des photos de bonne facture par rapport aux anciens smartphones de la gamme.
C'est un bon petit test, mais des points importants ont été oubliés. Si tu veux en savoir plus, je te conseille de visiter le site webOSfrance ( http://www.webosfrance.com )
Pour info la batterie est une Polymère, il lui faut 15 à 20 recharges avant de donner tout son potentiel, mon Pre3 peut durer 24 à 48h sans recharge...
Votre test est très incomplet.
@Jerem06 [26.09.2011 - 12:32]
En même temps on est sur "iGeneration" et pas "PalmGeneration"...
(joke)
;-)
Sympa le fond d'écran. Qqn sait où le trouver.
Un téléphone qui ne tient pas la journée sans recharge ?????
Le Pre3 tient la journée sans problème, ce qui n'était pas forcément le cas avec les Pre de précédente génération.
Le test donne une impression de mettre IOS sur un pied d'estal et de constamment tacler Android.
Vos précédents tests étaient moins subjectifs je trouve.
@marc_os :
Comme l'iPhone.