Pour Instapaper 4.0, Marco Arment avait prévu un système d'abonnement in-app à reconduction automatique : il aurait permis de s'acquitter mensuellement de l'abonnement au service, et de manière automatique jusqu'à annulation volontaire de la part de l'utilisateur. Las, suite au rejet de son application par les équipes de validation d'Apple, il a dû se contenter de l'ancien système d'abonnement, sans renouvellement.
Une règle non écrite réserve le système d'abonnement in-app à reconduction automatique aux applications qui fournissent « un nouveau contenu » à chaque échéance du dit abonnement (magazines) ou possède du contenu dynamique (journaux, abonnements audio). On ne peut donc pas l'utiliser pour facturer un service — Arment a dû utiliser l'ancien système d'abonnement, proche de l'achat in-app, à ceci près que le développeur peut avertir l'utilisateur de l'expiration prochaine et l'inviter à renouveler. Certaines applications de l'App Store utilisent pourtant l'abonnement pour facturer des services…
Pire : selon le développeur Dave Stevenson, Apple peut rejeter une application utilisant le système d'abonnement in-app même si celle-ci fournit du contenu nouveau de manière régulière. Ce système serait réservé « aux groupes de presse reconnus » seulement, excluant de fait par exemple les sites Web qui tenteraient l'expérience du modèle payant par ce biais. Nous avons demandé des précisions à Apple sur ce sujet et mettrons à jour l'article en conséquence.
L'affaire du rejet de l'application de lecture de Sony a fait si grand bruit (lire : App Store : fin des achats externes) qu'une fois n'est pas coutume, Apple a décidé d'y répondre. Trudy Muller, porte-parole de l'entreprise à la pomme, a ainsi expliqué la position d'Apple au journaliste John Paczkowski : "Nous n'avons pas changé les conditions d'utilisation ou notre politique de validation". Il évoque ici la clause 11.2 qui indique explicitement que les applications utilisant un autre système que celui d'Apple pour les paiements seront rejetées.
Apple ne change pas de politique… mais l'entreprise entend manifestement faire respecter sa politique avec plus de fermeté. Apple aurait pu se contenter d'interdire toute boutique externe, mais sa politique est beaucoup plus intelligente puisqu'elle coupe court aux critiques tout en favorisant sa propre solution. Trudy Muller explique en effet que "nous exigeons désormais qu'une application qui offre à ses clients la possibilité d'acheter des livres en dehors de l'application leur offre aussi la possibilité d'en acheter depuis l'application, avec des achats In-App".
Ainsi, un éditeur pourra continuer à proposer une boutique externe, comme le fait notamment Amazon avec son Kindle (Gratuit). Mais s'il veut rester dans l'App Store, il devra aussi proposer une boutique à l'intérieur de son application, en passant par les achats In-App et donc en payant 30 % à Apple au passage.
Les consommateurs comme les fournisseurs de contenus auront le choix, et ce seront les premiers qui, in fine choisiront. Les achats In-App s'imposeront sans doute : l'expérience est beaucoup plus simple et homogène avec les achats In-App qui utilisent un compte iTunes Store, ce qui facilite en plus les achats impulsifs.
L'air de rien, Apple est en train d'imposer sa plateforme de paiement aux fournisseurs de contenus sur iOS. Trudy Muller n'a parlé que de livres, mais on imagine que cette politique va valoir pour toutes les boutiques de l'App Store et peut-être aussi pour la presse.
D'après le New York Times, Apple refuse désormais les applications qui contiennent un magasin externe, c'est-à-dire qui vendent du contenu sans passer par l'App Store et son système de paiement In-App. On en avait entendu parler à propos de la presse (lire : Presse sur iPad : un nouveau chapitre va s'ouvrir), l'entreprise s'est attaquée aux liseuses numériques.
La première victime est l'application de lecture de Sony. Une application qui aurait permis de lire des livres, mais aussi d'en acheter dans le Sony Reader Store, à la manière de ce que proposent Amazon avec son Kindle (Gratuit) ou encore la Fnac avec Fnacbook (Gratuit). Apple a informé Sony de son changement de politique : désormais, tous les achats doivent se faire par le biais de son propre système. L'entreprise entend ainsi profiter de ces transactions puisque Apple gagne 30 % du montant sur tous les achats In-App.
Ce changement n'est pas vraiment une surprise, même si Apple semble décidée à mener une politique agressive. Depuis quelques mois déjà, dans l'App Store Review Guidelines, l'article 11.2 indique “Les applications qui utilisent un système autre que l'API In App Purchase (IAP) pour acheter du contenu, des fonctionnalités ou des services à l'intérieur de ces applications seront rejetées”.
Il montre en tout cas qu'Apple cherche de plus en plus à valoriser son écosystème iOS. Jusque-là, les plus gros revenus de Cupertino provenaient du matériel, pas du contenu : faut-il comprendre cette nouvelle politique comme une évolution de ce modèle économique ? En attendant, on ne sait pas encore ce que deviendront les applications déjà présentes dans l'App Store, mais il est probable qu'Apple force ses éditeurs à évoluer, ou disparaître.
via MacRumors
Sur le même sujet :
- Presse et Apple : le GESTE entre dans la danse
Marche arrière toute ! Discrètement, début septembre, Apple annonçait un virage à 180 degrés vis-à-vis de son programme de développement iOS. Plusieurs clauses, dont celle qui empêchait de compiler ses programmes avec autre chose que Xcode, ont été abandonnées. Dans le même temps, Apple publiait une liste de conseils afin de rendre le processus de validation de l’App Store moins opaque. Mais les développeurs, qu’en pensent-ils ? Pourquoi Apple a-t-elle opéré ces changements ? Vont-ils dans le bon sens ? La réponse dans notre dossier spécial : les développeurs face aux nouvelles règles de l'App Store.
Apple a décidé d'assouplir certaines règles relatives à la soumission d'applications sur l'App Store. Après avoir beaucoup discuté avec les développeurs, la pomme a décidé de lâcher un peu de lest sur les clauses 3.3.1, 3.3.2 et 3.3.9. Il n'y aura notamment plus de restrictions sur les outils de développement utilisés pour créer des logiciels iOS tant que celles-ci ne téléchargent aucun code.
En faisant cela, la société californienne cherche à proposer plus de flexibilité aux développeurs tout en ne sacrifiant pas à la sécurité.
D'autre part, pour la première fois, Apple va publier des guidelines pour aider les développeurs à comprendre comment elle valide les applications. Apple espère ainsi offrir plus de transparence aux développeurs.
L'App Store comporte à ce jour plus de 250 000 logiciels. Plus de 6,5 milliards de téléchargements ont été effectués sur la plate-forme d'Apple.
Philip Shoemaker. Si son nom ne vous dit sans doute rien, cet homme a de quoi être craint des développeurs iPhone. En effet, c'est l'un des responsables de l'App Store, il est en charge notamment du processus de validation des applications.

Wired s'est aperçu que Shoemaker, avant de rejoindre Apple en mars 2009, développait des logiciels pour iPhone. Il avait créé la société GrayNoodle LLC, qui à ce jour a réalisé sept applications assez peu glorieuses pour la plateforme d’Apple, la plupart d'entre elles ayant une utilité très limitée.
On lui doit entre autres iWiz, une application (0,79 €) qui vous donnera envie d'uriner, Animal Farts (0,79 €), un logiciel qui simule le bruit de pets de plusieurs animaux, ou encore Blue Flame (0,79 €), une application qui transforme l'application en bougie.

Comme l'explique Evan Doll, ancien ingénieur chez Apple à qui l'on doit l'application iPad Flipboard, les employés d'Apple n'ont pas le droit en théorie de publier leurs logiciels sur l'App Store, sauf s’ils obtiennent un passe-droit auprès d'un vice-président. Une règle mise en place afin d'éviter tout conflit d'intérêts.
Philip Shoemaker a semble-t-il réussi à en avoir un. En effet, plusieurs de ses produits, notamment iWiz, ont été commercialisés après son arrivée au sein de la firme de Cupertino.
Après tout, que le responsable de l'App Store conçoive des applications de mauvais goût, c'est son affaire. Par contre, ce qui est plus gênant, c'est qu'Apple refuse d'ouvrir les portes de l'App Store pour certains logiciels similaires. Deux poids deux mesures cela fait désordre…
Suite à la publication de cet article sur Wired, Philip Shoemaker a effacé toute mention de la société GrayNoodle LLC sur les différents réseaux sociaux qu'il fréquentait. Trop tard pour lui malheureusement, Wired avait pris la peine d'enregistrer les pages en question.
Selon macitynet.it, Apple aurait refusé de valider Opera Mini. La cause ? Le logiciel de l'éditeur norvégien duplique les fonctionnalités de Safari. Bon nombre d'applications sur l'App Store sont des Safari "améliorés", mais ils se basent sur le moteur de rendu d'Apple.

Opera n'a pas confirmé l'information pour l'instant. Une chose est sûre, Opera a été soumis à l'App Store il y a plus d'une semaine. Actuellement, 96 % des nouvelles applications sont validées en moins de 7 jours.

Opera Software a soumis Opera Mini à l'App Store. D'ici quelques jours, on devrait donc savoir si la société californienne valide ou non le navigateur web de la société norvégienne.
L'éditeur a assuré avoir tout mis en oeuvre afin que son application respecte les conditions imposées par Apple. À mainte reprise, les dirigeants d'Opera ont expliqué que de leur point de vue, Opera Mini ne duplique pas Safari. C'est un logiciel complémentaire.

Autre argument en faveur du butineur d'Opera il n'utilise pas un moteur de rendu traditionnel pour afficher les pages web. Ce sont les serveurs d'Opera qui effectuent le travail et qui envoient un format maison de description d'images.
Sur le même sujet : - Opera Mini pour iPhone : une bombe ?
Les développeurs peuvent désormais soumettre à Apple des applications spécialement conçues pour l’iPad. Les logiciels en question doivent absolument être compilés avec la bêta 5 de l’iPhone SDK 3.2 qui est sortie cette semaine.

Afin que votre application soit disponible sur l’App Store dès le lancement de l’iPad, vous devez la soumettre au plus tard le 27 mars. L’équipe de validation de l’App Store vous contactera par la suite pour vous aider à finaliser le développement de votre logiciel.
Suite à la parution du rapport de l'EFF sur le contrat de licence du programme développeur iPhone (lire : Apple est un seigneur féodal et jaloux selon l'EFF) et aux différentes affaires de rejets d'applications sur l'App Store, Tristan Nitot a violemment critiqué l'attitude d'Apple.
Lors de l'événement Mobile 2.0 à Paris, le vice-président de Mozilla Europe a déclaré : "Peux-t-on accepter le diktat du bien pensant imposé par Apple ? Je pense que le mobile doit suivre le chemin pris par le Web, à savoir une liberté totale. Apple tente au contraire d'imposer ses vues de ce qui est bien ou pas mais ses valeurs ne sont pas partagées par tous. Les contraintes d'Apple sont issues d'une culture bien différente à la nôtre, doit-elle s'imposer aux autres ?".
Et de rajouter que la fondation Mozilla ne portera pas son navigateur sur l'iPhone, car "la porte est fermée de leur côté". Il ajoute : "Il est impossible pour nous d'accepter la possibilité d'être banni de l'App Store sans raison et d'obtenir pour tout dédommagement 50 dollars. Ce cadre n'est pas équilibré, ce n'est pas possible d'y entrer lorsqu'on investit dans le portage ou le développement d'une application".
Rappelons que l'EFF a dévoilé qu'Apple ne s'engage qu'à hauteur de 50 $ en cas d'erreur de manipulation qui porterait atteinte à un programme, comme sa désactivation ou la perte d'informations personnelles. Elle prendra par contre ce risque pour Weave qui est en cours de portage sur l'iPhone.
Opera tient un discours assez proche de son "rival". Charles McCathieNevile estime que les contraintes imposées par Apple sont disproportionnées. Le responsable des standards pour l'éditeur norvégien ne désespéra pas cependant de voir la firme américaine valider son navigateur sur l'App Store. Elle a fait appel à a des avocats pour s'assurer qu'Opera mini est conforme aux règles de la plate-forme de téléchargement d'Apple.
Il estime cependant qu'Apple cédera face à la pression populaire. Le fait qu'Opera ne soit pas présent sur l'iPhone pénaliserait Apple dans certains pays, en Russie notamment.
Sur le même sujet : - Une pincée de WebKit dans le prochain moteur JavaScript de Mozilla