Voilà 10 mois qu'Apple s'est portée intervenante volontaire dans l'affaire Lodsys (lire Apple demande à intervenir juridiquement dans l'affaire Lodsys). Rappelons que ce patent troll a assigné divers petits développeurs iOS et Android, se prévalant de brevets sur l'achat in-app.
L'affaire a d'autant plus défrayé la chronique que les développeurs concernés n'ont pas les moyens de faire face à un procès, plusieurs d'entre eux ont donc dû signer un accord à contrecœur.
Cela faisait d'ailleurs partie des arguments d'Apple lorsqu'elle a plaidé sa demande d'intervention, puisque de par sa stature elle est plus à même de répondre pied à pied aux arguments de Lodsys. D'autre part, Apple, qui a obtenu une licence d'exploitation sur ces brevets, estime que sa licence couvre les développeurs de l'App Store. La justice vient d'autoriser Apple à présenter ses arguments.
Les développeurs vont donc pouvoir s'abriter derrière la défense d'Apple. Toutefois celle-ci devra limiter son intervention à la seule question de la licence sur les brevets concernés, et sur leur épuisement (c'est à dire leur application ou non aux partenaires d'Apple).
De son côté, Google n'a toujours pas réagi aux attaques sur les développeurs Android, les laissant jusqu'ici seuls et démunis face à Lodsys.

Source : AppleInsider
Patent-troll lié à Intellectual Ventures, Lodsys a attaqué en mai dernier plusieurs développeurs iOS de stature modeste pour violation de quatre brevets, notamment autour du concept d'achat in-app. Quelques jours plus tard, Apple répondait à Lodsys : détentrice d'une licence sur ces brevets, la firme de Cupertino estime couvrir les développeurs et invitait Lodsys à retirer ses plaintes.
La missive d'Apple a été certainement suffisante pour rassurer les développeurs, mais pas pour impressionner Lodsys, qui s'estime dans son bon droit. La société unipersonnelle dont le fonds de commerce est l'exploitation de licences sur des brevets sans pour autant créer de la propriété intellectuelle supplémentaire, la définition même du patent-troll, a étendu ses plaintes auprès des développeurs Android, puis auprès de studios plus importants comme Rovio, Square Enix, Atari, Take Two ou même Electronic Arts.
L'opposition entre Apple et Lodsys est une affaire d'interprétation : la licence qu'Apple possède sur les brevets de Lodsys couvre-t-elle les développeurs iOS ? Apple estime que la technologie in-app mise à disposition des développeurs est une fonction d'iOS, qui lui appartient : les développeurs utilisant cette brique sont protégés. Lodsys n'est pas de cet avis, et a une grande marge de manœuvre. Apple ne peut en effet pas se défendre en attaquant Lodsys : la plupart des contrats de licence contiennent une clause de non-agression. Apple ne peut rien faire d'autre que de demander à intervenir juridiquement dans l'affaire, une procédure spécifique qui lui permet d'être associée aux sociétés attaquées par Lodsys et de défendre son point de vue en audience parce cette poursuite couvre une technologie pour laquelle elle possède une licence et parce qu'elle cause du tort à sa plateforme.
Lodsys redoute évidemment que la cour accède à cette demande : depuis plusieurs semaines, les deux sociétés s'affrontent publiquement courrier contre courrier, chacune pour défendre son bout de pain. Le dernier courrier en date, envoyé au début du mois et publié hier, montre Lodsys à bout de souffle, sans réel argument (offrir une licence à Apple ne ferait pas de Lodsys une société offrant des licences, défense absurde alors que c'est son fonds de commerce ; la demande d'Apple serait nulle et non avenue car les développeurs ayant contre-attaqué mettraient à mal la validité des brevets, ce qui est après tout la base des contre-attaques). Un essoufflement qui pourrait accélérer l'intervention d'Apple dans l'affaire, et donc hâter sa résolution.
[Lodsys sur-reply to Apple in lawsuit vs. Combay et. al. via Electronista]
Contre le patent-troll Lodsys qui menace bon nombre d'entre eux (lire : Toute l'actualité de Lodsys sur iGeneration), les développeurs indépendants s'organisent et fourbissent leurs armes. Mike Lee, ancien développeur chez Apple puis chez Tapulous (créateur de la célèbre série des Tap Tap pour iPhone), a décidé de mener la lutte. Avec l'aide d'un avocat texan, il appelle tous les développeurs indépendants à se rassembler contre les patent-trolls actuels et ceux qui pourraient se manifester à l'avenir.

L'Appsterdam Legal Defense Team, c'est le nom de ce groupe, va mener une “opération fourmilière” : chaque développeur indépendant sera une fourmi qui pourra attaquer, dans le cadre de ce groupe, tous les patent-trolls. Mike Lee entend ainsi faire passer un message à ces entreprises qui ne vivent que de l'exploitation de brevets : s'en prendre à un développeur indépendant, c'est s'en prendre à tous les développeurs indépendants.
Le groupe veut aussi mener une large campagne médiatique pour alerter l'opinion sur ces questions. L'objectif final étant de faire pression sur le gouvernement américain pour empêcher toute menace similaire à l'avenir. En filigrane, c'est le problème des brevets logiciels même qui est en jeu (lire : Brevets logiciels : origines d'une folie industrielle).
Si vous développez des applications, quelle que soit la plateforme pour laquelle vous développez, vous pouvez vous engager dans le mouvement qui contient déjà une longue liste de noms.
[Via : TUAW]
Patent-troll patenté, Lodsys continue à attaquer des développeurs indépendants d'applications mobiles sur la base de son brevet pouvant faire référence à un système d'achat in-app. Après une première vague touchant iOS, une deuxième touchant Android, et une troisième contre de plus gros studios, Lodsys a enclenché une nouvelle campagne d'envoi de sommations.
AppleInsider cite ainsi l'exemple de Sunstorm Interactive, un studio qui a réalisé une cinquantaine de petits jeux pour iPhone et iPad. Son président, Anthony Campiti, se lamente : « j'ai suivi l'évolution de l'affaire Lodsys, en me demandant quand est-ce qu'ils nous contacteraient. C'est arrivé aujourd'hui. » On attend toujours une première décision de justice, alors que Wulven Games est la première société ayant semble-t-il cédé et signé un accord de licence.
Lodsys ne s'est pour le moment attaqué qu'à de petites sociétés, mais semble décidé à jouer un coup de poker : ce patent-troll avéré a déposé plainte contre Rovio (Angry Birds pour iOS et Android), EA (Les Sims 3), Atari (Atari's Greatest Hits), Square Enix (Big Hit Baseball) et Take Two (2K Sports NHL 2K11). Bref, de grands noms du jeu vidéo.

Ce sont donc désormais 11 sociétés présentes dans l'App Store et l'Android Market qui sont poursuivies par Lodsys pour violation présumée d'un brevet pouvant faire référence à un système d'achat in-app. Lodsys a aussi attaqué HP, Brother, Best Buy ou la New York Times Company parmi trois autres jeux de poursuites : ce sont en tout 37 sociétés qui sont concernées.
[Via FOSS Patents]
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- Toute l'affaire Lodsys sur iGeneration
Lodsys poursuit son petit bonhomme de chemin, et continue d'envoyer assignation sur assignation aux petits développeurs de l'App Store, en vertu du brevet dont la société se prévaut sur les achats in-app.
Mais le dernier développement en date a de quoi laisser songeur : la société a en effet contacté EpicForce Entertainment, le développeur du jeu iFighter 1945 [1.9 - 39,6 Mo - 0,79 €], non pas pour un achat in-app, ni même pour avoir inclus un lien vers une version complète et payante du jeu sur l'App Store, mais pour avoir tout simplement inclus un lien vers un autre jeu sur l'App Store (en l'occurrence Super Laser: The Alien Fighter [1.3 - 72,1 Mo - 0,79 €]).
Convaincu qu'il s'agit là d'une erreur, le développeur contacte Lodsys pour expliquer la méprise, mais à sa grande surprise il n'en est rien : Lodsys persiste et signe, la seule présence d'un lien vers une application payante sur l'App Store, fut-elle différente de celle qui y envoie, suffirait selon elle à violer les termes très vagues de son brevet.
Lodsys entend donc percevoir des royalties sur la promotion croisée. Il serait bon qu'un premier jugement vienne au moins trancher la question, de manière à ce que les développeurs sachent à quoi s'en tenir concernant les assertions de Lodsys.

Il semblerait que le modèle économique de Lodsys soit promis à des attaques de toutes part. Après que ForeSee Results a demandé un jugement déclaratif pour invalider les brevets de Lodsys (lire Les brevets de Lodsys attaqués en invalidation), c'est au tour du New York Times et d'OpinionLab d'intenter chacun une procédure similaire à son encontre.
Les deux sociétés indiquent qu'elles ou leurs clients ont reçu un courrier de Lodsys qui les accuse de violer ses brevets, pour l'une à cause de son système de clic sur les publicités, et pour l'autre à cause de ses sondages. Les deux sociétés demandent à être jugées non-coupables des faits qui leur sont reprochés, et l'invalidité des brevet dont Lodsys se prévaut.
OpinionLab quant à elle ajoute que Lodsys viole les lois de l'Illinois sur la libre concurrence et l'accuse d'effrayer ses investisseurs sans fondement. D'autre part elle indique avoir intenté cette procédure parce que Lodsys ne lui avait pas donné de détails malgré ses demandes, sur ce qui lui était reproché. Certains des clients d'OpinionLab font déjà l'objet d'une procédure de la part de Lodsys, comme par exemple Adidas.
OpinionLab souligne que les brevets pour lesquels Lodsys entend percevoir des royalties doivent expirer le 6 août 2012, ce qui lui fait penser que la société a tout simplement fait un pari judiciaire sur un brevet qu'elle ne pourra tout simplement plus exploiter d'ici peu : « Pour avoir cherché à maximiser ses investissements dans l'achat de ces brevets, et à cause de leur expiration prochaine, Lodsys s'est engagée dans une conduite calculée, étendue, et inappropriée, afin de tirer autant de revenus que possible auprès de prétendus "contrefacteurs", alors même que Lodsys ne pouvait croire, en toute bonne foi, que ces allégations de violation étaient justifiées ou attitrées. »
Récemment, c'est Apple qui est sortie du bois, en se portant intervenante volontaire dans la procédure qui oppose Lodsys à sept développeurs (lire Apple demande à intervenir juridiquement dans l'affaire Lodsys).
Source : FOSS Patents

Neuf jours après que Lodsys a attaqué en justice sept développeurs indépendants pour violation de quatre brevets autour des systèmes d'achats in-app, Apple a déposé une motion pour obtenir d'intervenir dans le dossier. Lodsys peut s'opposer à cette demande, mais la cour devrait y accéder.
Rappel des faits. Début mai, Lodsys menaçait sept développeurs iOS de stature modeste de poursuites pour violation de quatre brevets, notamment autour du concept d'achat in-app. Trois mois auparavant, ces mêmes brevets avaient été utilisés pour attaquer Brother, Canon, HP, Hulu, Lenovo, Lexmark, Motorola, Novell, Samsung et Trend Micro. Quelques jours plus tard, Apple répondait à Lodsys : détentrice d'une licence sur ces brevets, la firme de Cupertino estime couvrir les développeurs et invitait Lodsys à retirer ses plaintes. Pas impressionnée pour deux sous, Lodsys a répondu en attaquant effectivement les développeurs.
Dans sa motion, Apple indique que les développeurs en question « ont moins de ressources qu'Apple » et n'ont pas la stature nécessaire pour se protéger, critiquant le fait que Lodsys s'en soit pris à de petits développeurs plutôt qu'à Apple. Il est donc fort possible que la firme de Cupertino prenne en charge les frais de ces développeurs. La firme de Cupertino s'en tient aux arguments de sa précédente sortie sur le sujet : elle possède une licence sur ces brevets, licence qui couvre l'App Store et les applications qui y sont proposées, quand bien même elles ne sont pas développées par Apple. Une interprétation que Lodsys conteste.
[Via FOSS Patents]
Si Apple a publiquement fait savoir, et avec force, que la licence dont elle dispose sur les brevets de Lodsys couvrait bel et bien les développeurs de tierce partie, elle n'a pas fait part de ses intentions au delà de cette lettre.
Il semblerait qu'Apple fourbisse ses armes, puisque le développeur James Wilson indique sur son blog qu'iTunes Connect, l'interface dédiée à la publication d'applications, lui a tout d'abord demandé s'il avait une application qui faisait face à "des problèmes légaux" lorsqu'il s'est identifié sur le site. Ensuite, lors de la mise à jour d'une de ses applications, le site lui a demandé si la mise à jour avait été soumise à cause de problèmes légaux.

On songe évidemment à l'affaire Lodsys. S'il s'avère que des développeurs ont plié face aux menaces de Lodsys, Apple pourrait fort bien monter un dossier à l'encontre de la société à l'aide de ces déclarations : les applications de l'App Store auraient perdu une fonctionnalité (les achats in-app) suite à l'intimidation (qu'Apple considère indue) de Lodsys, ce qui peut constituer un tort pour Apple, (tant sur les ventes perdues que sur la qualité de l'App Store en tant que plateforme), dont elle pourrait exiger réparation.
L'« affaire Lodsys » pourrait connaître une fin précoce non grâce à une réponse d'Apple ou de Google, mais grâce à une attaque préemptive de ForeSee Results, une régie statistique américaine.
Rappel des faits. Début mai, Lodsys attaquait plusieurs développeurs iOS de stature modeste pour violation de quatre brevets, notamment autour du concept d'achat in-app. Trois mois auparavant, ces mêmes brevets avaient été utilisés pour attaquer Brother, Canon, HP, Hulu, Lenovo, Lexmark, Motorola, Novell, Samsung et Trend Micro. Quelques jours plus tard, Apple répondait à Lodsys : détentrice d'une licence sur ces brevets, la firme de Cupertino estime couvrir les développeurs et invitait Lodsys à retirer ses plaintes.

La missive d'Apple a été certainement suffisante pour rassurer les développeurs, mais pas pour impressionner Lodsys, qui s'estime dans son bon droit. La société unipersonnelle dont le fond de commerce est l'exploitation de licences sur des brevets sans pour autant créer de la propriété intellectuelle supplémentaire, la définition même du patent-troll, a étendu ses plaintes auprès des développeurs Android.
En droit américain, un jugement déclaratif est contraignant : il vise à forcer le défenseur à faire (prendre une licence sur ces brevets) ou arrêter de faire (ne plus utiliser les technologies supposémment couvertes par ces brevets) quelque chose au nom du plaignant (ordonnance) et peut le punir (condamnation). Il y a cependant une autre voie, le jugement déclaratoire : il vise à circonscrire le champ d'application d'un droit et à statuer sur l'irrégularité (ou la régularité) d'une situation juridique, sans ordonnance ou condamnation.
Dans le cadre d'une attaque pour violation de brevets, la société sous pression contre-attaque souvent avec son propre portefeuille de brevets, mais cherche aussi à contester la validité de la première salve. Ainsi, Brother et Lenovo, attaqués par Lodsys, ont demandé un jugement déclaratoire visant à établir que leurs produits ne violent pas les brevets, et que les deux brevets en question sont invalides. Le jugement déclaratoire a un intérêt : il établit un précédent.
ForeSee Results a choisi la voie du jugement déclaratoire de manière préventive : la société n'est pas attaquée, mais veut s'assurer que ses clients ne pourront pas l'être en demandant à la justice d'établir la validité ou la vacuité des quatre brevets de Lodsys. ForeSee Results a manœuvré d'une manière particulièrement fine : Lodsys est inscrite au registre des sociétés du Texas, favorable au plaignant dans les questions de propriété intellectuelle, mais ForeSee a déposé son dossier dans l'Illinois, lieu de résidence du PDG et seul employé de Lodsys. ForeSee a accessoirement choisi un cabinet d'avocats de première main, McDermott Will & Emery, celui-là même qui avait réussi à obtenir pour Creative un chèque de 100 millions de dollars… de la part d'Apple (lire : Creative dit merci à l'iPod).
Parce que le jugement déclaratoire établit un précédent, la demande de ForeSee pourrait lever le poids de Lodsys des épaules des dévelopeurs. Si la justice chicagolaise statuait sur l'invalidité des brevets de Lodsys avant que la cour du Texas ne règle le cas des développeurs iOS, elle viderait les attaques de Lodsys de tout leur sens…
[Via FOSS Patents, image cc Andrew Becraft]