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Daniel Ek, le cerveau de Spotify

Si l'on vous dit Tim Cook, Jeff Bezos, Mark Zuckerberg et Sean Parker, vous ne devriez pas avoir de mal à répondre Apple, Amazon, Facebook et Napster. Mais si l'on vous demande de retrouver la société de Daniel Ek, vous sécherez peut-être. Forbes consacre un profil au CEO de Spotify, considéré par certains comme « l'homme le plus important du marché de la musique ».

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Daniel Ek (à gauche) et Martin Lorentzon (à droite).

Fils de deux musiciens, Daniel Ek fonde sa première société en 1997 : alors âgé de 14 ans, il développe des sites d'e-commerce à des tarifs dix fois moins élevés que ses concurrents, puis se lance dans l'hébergement de sites Web. Il gagne alors la bagatelle de 15 000 € par mois. Après avoir travaillé pour Jajja (optimisation de recherche en ligne), il fonde Advertigo, rapidement achetée par la régie publicitaire Tradedoubler. À 23 ans, il est alors multi-millionnaire.

Après une période de dépression passée dans la campagne suédoise, il s'associe avec Martin Lorentzon, le président de Tradedoubler : Ek « n'a plus besoin d'argent », Lorentzon, qui pèse 70 millions de dollars « n'en a plus rien à faire ». Le premier pose un ultimatum au second : il doit quitter Tradedoubler dans la semaine et lui verser un million de dollars pour démarrer une nouvelle société — il n'a ni idée, ni encore moins de nom, mais juste l'idée de se lancer à nouveau. Lorentzon s'exécute.

Les deux cherchent des noms pour leur projet : Ek entend mal une proposition, tape « Spotify » dans Google, ne trouve aucun résultat, enregistre le nom, le projet est né. Ne cherchant pas la rentabilité, ils se lancent dans un marché sinistré, celui de la musique en ligne : Ek et quelques ingénieurs conçoivent un prototype inspiré d'iTunes et du minimalisme sombre de son téléviseur Samsung. Alors qu'il a été CEO de µTorrent (un fait que Forbes passe curieusement sous silence), Ek décide de ne pas lancer son produit tant qu'il n'aura pas obtenu l'accord des maisons de disque.

Cette décision le distingue clairement de Napster, mais il doit pourtant alimenter son prototype de musique piratée pour en faire la démonstration aux employés des majors. Eux qui n'avaient pas été convaincus par le discours d'Ek sont enchantés par le produit, une fois qu'ils ont pu l'utiliser. Spotify est enfin lancé en Suède, au Danemark, en Norvège, en France, en Grande-Bretagne et en Espagne en 2008 : Ek aurait voulu des accords mondiaux, il a finalement dû se contenter de l'Europe (les tractations ayant pris deux ans plutôt que les trois mois prévus).

Le reste de l'histoire de Spotify est d'abord et avant une histoire de chiffres. Il a fallu 5,5 millions d'euros pour le construire, mais après des levées de fonds successives de 40 et 117 millions d'euros (Li Ka-shing, Sean Parker, Founders Fund, DST, Accel, Kleiner Perkins), Spotify est évalué à 780 millions d'euros. Ek en possède 15 %, Lorentzon 20 % — Warner, Universal et Sony ont aussi des parts dans la société, estimées à 20 %. Les majors ont des intérêts contraires dans Spotify : le service peut certes dynamiser leur activité et leur apporter de nouveaux revenus, mais il faut qu'il atteigne une certaine masse pour être réellement rentable.

Les accords entre les majors et Spotify arrivent à échéance dans deux ans : entre-temps, Ek devra le transformer en géant de la musique en ligne, sous peine d'atteindre un plateau, prélude à une lente dégradation. Les statistiques sont en faveur d'Ek : Spotify, 500 employés, possède 2 % du marché de la musique en ligne et génère environ 300 millions de dollars par an avec la publicité et ses 2,5 millions d'abonnés (85 % sur l'abonnement à 9,99 €, le reste sur l'abonnement à 4,99 €). La formule est simple : les utilisateurs construisent leur librairie, s'attachent au service en partageant des morceaux sur Facebook, mais doivent payer pour profiter de cette expérience sur mobile.

Mais Spotify doit relever le défi de continuer à satisfaire les utilisateurs tout en répondant aux attentes des majors, alors que ces groupes ne pourraient pas être plus opposés.

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Vos réactions

Lemmings [05.01.2012 - 18:03]

Spotify prouve surtout que, bien utilisé, un protocole P2P permet d'être très efficace. Reprenant en ça le procédé de Skype.

Superboy58 [05.01.2012 - 18:29]

Juste pour dire qu'ici on parle beaucoup de Spotify mais très très rarement de Deezer. Sachant que Deezer est français pourquoi ne pas plutôt faire de la "pub" à Deezer déjà qu'on a plus d'usines si on est même pas capable d’être patriote envers notre secteur du service... Recemment Deezer s'est ouvert à la plupart des pays d'Europe et du monde c'est fou quand on sais ce que cette boite étais à ses débuts !
Bref tout ça pour dire quand on fais des trucs bien pourquoi aller voir à l'étranger ?

Lemmings [05.01.2012 - 18:52]

Deezer n'a ni le même catalogue, ni la même renommée, ni le même mode de fonctionnement.

C'est un service sympa, mais franchement limité et lourd à l'usage.

Quand tu as goûté à Spotify, tu comprends la différence !

adriendod [05.01.2012 - 19:22]

Vanter les services de Deezer sous le seul prétexte qu'ils sont français est un peu léger. Spotify est largement meilleur dans le domaine et c'est toujours européen si tu as peur de te faire manger par les américains et les chinois!

therealshad [05.01.2012 - 22:23]

Quelles sont les avantages svp ?

Je suis abonné à deezer (option de mon forfait origami orange) et je pensais les deux services identiques.

brihar [05.01.2012 - 19:45] via iGeneration pour iPad

Si les Majors sont actionnaires à 20%, je comprends mieux pourquoi les artistes se plaignent de ne pas toucher grand chose...

Abonnements publicité = riches actionnaires

Ici en Suède Spotify se défend en disant que la croissance de l'entreprise sur le long terme permettra de mieux rémunérer les artistes... Mais avec des bénéfices aussi important, il serait temps de mettre la main à la poche...

demon_john2905 [05.01.2012 - 20:00] via MacG Mobile

Le service proposé est sur le papier genial. Seulement l'application ios commence a me fatiguer. A chaque lancement je me demande si elle va planter avec deconnexion et perte de tous les titres synchro hors connexion... Ca m'arrive tres regulierment et ca commence a me fatiguer. Si itunes etait pas une tel cata sur windows je serais deja sur itunes match...
De plus j'ai du mal a comprendre les dispo des albums. Certains mettent des mois a arriver sur spotify et c'est tres frustrant !

therealshad [05.01.2012 - 22:24]

Quelles sont les avantages svp ?

Je suis abonné à deezer (option de mon forfait origami orange) et je pensais les deux services identiques.

cherbourg [06.01.2012 - 08:06] via MacG Mobile

@therealshad :
j'ai lu qq part que l'échantillonnage sur Spotify était en général de meilleure qualité que sur Deezer

Lemmings [06.01.2012 - 12:05]

Meilleure qualité, meilleur catalogue, meilleur logiciel, intégration de Facebook, Last.fm et autres...

Sans même parler des paramètres de playlist, partages et surtout l'utilisation du protocole P2P qui fait que tu as ta chanson immédiatement comme si elle était sur ton poste, quasiment sans délais !

ipfix [06.01.2012 - 01:13]

il y a un ou deux spotify était plus complet que deezer ceci je préférais le rendu du son deezer et le fait qu'il n'y avait pas d'applis spécifique à installer...

piche.31 [06.01.2012 - 09:39]

Aucun soucis avec l'appli spotify pour ma part.
Je suis inscrit depuis les premiers jours de spotify, à l'époque où il fallait demander une invitation pour s'inscrire...

L'avantage par rapport à deezer (pour ma part) c'est la vitesse dans les recherches et la lecture, une interface sur ios et mac beaucoup plus jolie je trouve, la possibilité de s'échanger des chansons avec ses contacts facebook ayant spotify, le catalogue beaucoup plus riche. Et depuis peu les applications, comme celle pour avoir instantanément les paroles des chansons que l'ont écoute.
Je ne me sert pas des radio mais il parait qu'elles sont mieux sur deezer par contre.

Spark54000 [06.01.2012 - 09:49] via iGeneration pour iPad

Pour ma part je trouve que spotify est mal organisé. On a une liste d'albums par artistes à ne pas s'y retrouver. Je m'y retrouvais mieux sur Deezer.
Mais niveau catalogue c'est vrai que c'est le jour et la nuit...
Je preferai les interfaces Deezer.

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