Le Syndicat de la librairie française n'apprécie pas l'iBookstore, et encore moins que Hachette puisse être un partenaire privilégié d'Apple, partenariat « vécu comme le signe d’un profond mépris » par les 470 signataires d'un appel resté relativement discret. Et seul partenariat d'Hachette avec une société américaine (lire : iBookstore : Hachette Livre a signé avec Apple ).

ActuaLitté cite ainsi un signataire qui estime que Hachette favorise une concurrence jugée déloyale : le modèle du contrat d'agent utilisé par Apple fait grincer des dents parce qu'il s'opposerait à « la nécessaire maîtrise de la fixation du prix de vente au public par l’éditeur » et présenterait des « risque[s] de domination du marché, voire de quasi-monopole ».
Hachette jouerait donc le jeu de la « marginalisation de la librairie française » en se pliant aux conditions d'Apple. Plus qu'un combat des représentants de la culture française face aux intérêts financiers américains, antienne trop souvent entendue, c'est Hachette qui est pris pour cible : « depuis plusieurs années, ce groupe pratique une obstruction récurrente sur les sujets d’intérêt commun entre l’édition et la librairie, ne participe pas à des actions collectives en faveur du développement des librairies et maintient une très large part des librairies dans des conditions de rémunération inadaptées au regard des obligations qui lui sont conférées par la loi de 1981 ».
On n'entend ainsi aucune critique à l'encontre d'Albin Michel, pourtant éditeur du livre de Catherine Pancol, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, qui s'affichait en pleine page sur les publicités pour l'iPad. Cet ouvrage est d'ailleurs un bon exemple pour l'argument développé par certains membres du SLF opposés à cet appel : « Les éditeurs ont besoin de créer de nouveaux points de vente, mais ne veulent pas pour autant éliminer la librairie, c'est ridicule. Où et comment se fera la valorisation de leurs livres ? Uniquement sur l'iBookstore ? C'est n'importe quoi. Sans se bercer d'illusions, c'est en librairie que la vie des livres se fait ». Le livre de Catherine Pancol a d'abord été un succès de librairie avant d'être disponible sur l'iPad.
Le futur portail 1001libraires.com, permettant d'allier shopping en ligne et contact avec le commerçant local, ferait d'une pierre deux coups, en quelque sorte. Il faut pourtant savoir raison garder : la librairie est un endroit incontournable pour la promotion d'un livre, et l'iBookstore n'est en aucun cas un concurrent, mais plutôt un complément qui s'adresse aussi à une clientèle nouvelle. Les chiffres de ventes restent pour le moment modestes en France : il y a quelques mois, Eyrolles indiquait avoir vendu « quelques centaines » de copies lors de la quinzaine de lancement de l'iPad en France (lire : Interview : Eyrolles, l'iPad et l'avenir des eBook).
Vos réactions
détruisez les librairies ! comme les disquaires !
il faut quand même rappeler que les éditeurs sont engagés dans la protection des librairies. justement. Avec une maigre tolérance pour la vente directe lors des salons du livres. Mais c'est un marché libre hein. roh oui. Le client est roi. Ha non pardon, on le nomme "Lecteur'" et on ne veut pas lui vendre comme bon lui semble.
sauvez des arbres, tuez des libraires !
PS : un libraire est une personne qui gere une collection de livre ... alors pourquoi ces libraires ne continueraient pas a etre en mesure de nous informer sur des livres vieux et ancien, mais le tout en ligne ?
ce ne serait que transformer la profession.
En pur darwiniste, je dis : faites pas chier, evoluez.
Les livres sont contrôlés au niveau de la déforestation. L'utilisation de l'électricité pour lire un livre en se défonçant les yeux sur un écran éclairé est une pure folie. Le libraire, il connaît ses livres, il te conseille, il te parle, l'iPad est froid et mécanique !
L'iPad est peut-être froid et mécanique, mais laisser son avis sur le bouquin est aussi possible.
" Le libraire, il connaît ses livres, il te conseille,"
Les conseils ... bof. Déjà parce qu'en fonction du sujet, le type à pas forcément les mêmes goûts que toi ni opinion.
Ensuite, les libraire, il choisit ses livres, donc il fait déjà un choix à ta place. C'est bien pour ça que j'achète tous mes livres par Amazon. Au moins là, pas de problèmes ...
Je ne sais pas ce que vous avez comme libraire mais le mien est d'excellent conseil !
Le temps ne va que de l'avant malheureusement pour eux
Je lis plus d'un livre par semaine et je ne me vois pas le lire sur un iPad !!!
Et pourtant j'en ai un !...
Je ne comprends pas l'angoisse des libraires. Et le livre audio, ça ne les contrarie pas ???
"Je ne comprends pas l'angoisse des libraires. Et le livre audio, ça ne les contrarie pas ???"
bien sur cela a toujours contrarié. Mais la lecture audio est une lecture très minoritaire, indirecte, faut prendre son temps (attention, on ne parle pas de lecture automatisé pour compenser un handicap) , bref ce n'est pas une lecture "de masse".
Par contre, et cela, il va falloir me faire confiance, la lecture "numérique" va devenir une lecture de _masse_
les gens liront le dernier goncourt ou harlequin entre 2 métros sur leur mobile, ou leur ordi ou ipad au boulot, maison, en voyage, vacance, etc , partout
passeront d'un chapitre recommandé par Le Monde à un livre conseillé par un ami via tchat.
C'est une lecture à la manière que le mp3 a explosé les occasions d'écouter de la musique en nous séparant du poids des CD.
et CA c'est inquiétant. On sait que ça sera une lecture de masse, populaire (à terme).
De plus, on explose totalement les canaux de ventes.
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Libraire et Editeurs, en France, sont dans une sorte d'équilibre, poussés par la loi et l'entente. Il y a toujours eu quelques poussées pour en sortir (les micro-éditeurs, en vente directe)
mais ipad est une grosse brique dans la marre (plus que le kindle) et Hachette est un gros éditeur. Si lui arrive à faire sans le syndicat des libraires, tous les petits éditeurs suivront, peut être un autre gros aussi .
@ oomu :
Tu emmenes ton iPad sur la plage, toi, pour bouquiner ?
Et bien j'étais à peu près du même avis, mais surtout parce que je ne trouvais rien de passionant à lire sur mon iPad (en dehors des BD). Et bien en parcourant les gratuits du Projet Gutenberg je suis tombé sur un Jules Verne pas très connu "Les 500 millions de la Bégum" j'ai adoré. L'option fond sépia et la gestion de la luminosité rend la lecture très agréable. Et j'ai enchaîné par Running Man de S.King, pareil je l'ai dévoré.
Mais c'est vrai que le livre audio est peu connu, et pourtant, ça m'a permis de "lire" des romans que je n'aurai jamais eu le temps de lire en version papier.
Si j'ai bien compris l'article, le problème n'est pas que les éditeurs mettent leurs bouquins sur l'ibookstore mais plutôt le fait qu'Hachette ne respecte pas la loi ? (même si j'ai pour le coup pas très bien compris ce que les libraires lui reprochaient).
il est entendu que les éditeurs passent par les libraires
C'est un accord depuis longtemps que les libraires soient l'interlocuteur privilégié des éditeurs.
Il aurait été accepté que ce soit les libraires qui mettent les textes sur ipad et kindle, mais pas l'éditeur directement, voyez ?
Hachette en vendant sur ipad vend SANS les libraires, en direct.
ET pourquoi pas aussi les auteurs directement ?
cela est un affront, alors que les éditeurs sont censés respecter ce quasi-monopole (hors salons) des librairies.
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Apple en proposant un système de "agence" (comme Amazon maintenant) permet aux éditeurs de vendre directement, apple n'est qu'un intermédiaire technique. L'éditeur fixe le prix, apple est rémunéré.
Apple n'est pas une librairie.
Le système français pépère vole en éclat.
Merci pour l'article, il est, comme d'habitude de grand intérêt et qualité.
Ps : le terme "antienne" n'est pas très bien adapté au contexte, non ??
Cher Antony, l'exemple d'Eyrolles ne me parait pas pertinent. Ou plutôt, "quelques centaines de copies" est, pour cet éditeur spécialisé dont les titres se vendent rarement à plus de quelques milliers d'exemplaires, sans doute une bonne surprise.
Par ailleurs, Eyrolles est l'un des rares éditeurs (le seul ?) à vendre en direct sur son site ouauibe. L'iBookStore est donc une étape logique dans son développement.
Vu le coût de production d'un livre, je vais sûrement pas pleurer pour ceux qui les vendent. Moi aussi j'aurai beaucoup de mal à lire sur iPad, mais j'y passerai si cela réduit mes dépenses.
y'a pas qu'Harry Potter dans la vie.
un bon bouquin ça met (souvent) pas mal de temps à écrire et ça ne se vend pas forcément beaucoup.
le seul argument valable c'est celui qui concerne l'écologie. pour le prix de vente, attendez un peu. une fois que les libraires ne seront plus, on pourra remonter les prix comme on veut.
Ca vient faire quoi cette remarque débile sur Harry Potter ?
Quand j'achète une édition poche à 8€ qui en a coûté moins de 2 à la production, je me dis qu'Apple c'est des tout petits margeurs à côté.
Pour les petits éditeurs vendant en direct, il y a toujours eu le risque de la sanction de se voir refuser dans toutes les librairies. Mais étant petit éditeurs, ils étaient déjà mal vendus en librairies, alors plus d'un se permettent de faire sans.
Mais pour un gros éditeur qui est bien vu en librairie, c'est une perte trop importante de ventes s'il se fait refusé en librairie.
Les ventes numériques ne compensent pas actuellement (pour les rares comme hachette ou selon les projections des autres) les ventes faites en librairies.
Il est sûr que la littérature numérique fera grincer plus d'un libraire, quand on sait que dans quelques années on ne vendra quasiment plus de classiques littéraires, vu que les gens auront pris conscience de leur gratuité sur le net, et qu'il existe des éditions numériques d'excellentes qualité.
Enfin ce n'est qu'une période de transition qui fera mal aux anciens, les nouveaux passionnés du livre et qui voudront y travailler suivent des cours à l'université qui laissent une large place au numérique. D'ailleurs le métier du bibliothécaire, du documentaliste, de l'éditeur s'apprend via le Master nommé Technologies et sciences de l'information et de la communication, cela veut tout dire :)
Alenoir : le site de vente en ligne d'Eyrolles vend les livres d'autres éditeurs également.
De toute façon, les libraires ne pourront pas dire qu'ils n'auront pas été prévenus : il y a quand même eut des antécédents … les marchés de la musique de la presse et de la vidéo ont connus de gros chamboulements depuis la montée en puissance du "tout numérique". Ils n'avaient pas compris que c'était juste un problème matériel ? Une question de temps, en somme ? …
parce que d'ici deux ou trois ans, quand les écrans "papier" souples seront abordables, ils auront vraiment du souci à se faire ! …
Les bouquinistes d'occasions vont par-contre se faire de couilles en or.
@ kostoglotov :
Écologiquement parlant, je ne suis pas sur que la balance penche en faveur du reader ( peu importe la marque ). Pensez donc au bilan carbone de la construction de l' appareil, au bilan énergétique des cycle de charge et de décharge et, enfin, a la fin de vie de la machine. Un livre peut être conservé des dizaines d' années, être lu par des dizaine de personnes, et ce, sans pollution autre que celle occasionnée pour sa fabrication. Et le papier est recyclable.
A voir avec des spécialistes
@oomu
Détruisez les librairie. MDR
Et enfin je trouve qu'il n'a pas de bon livre en français.
c'était de la provoc méchante ;)
Ce que je trouve dingue, c'est de considérer que l'évolution technique - technogeek est forcément un progrès. Reclamez la disparition des libraires sous pretexte qu'ils ne sont pas à la page, mais vous récuperez un nouvel acteur, Apple, qui aura forcément des exigences délirantes côté rétribution et qui se retrouvera, si les autres tardent, en position de force sur ce nouveau marché. Entre temps, les libraires perdront une partie des ventes qui leur permettent de mettre autre chose que K.Pancol en rayon et seront remplacés par des vendeurs de sushis. Au passage, vous paierez tous aussi cher vos livres numériques. La comparaison avec le disque n'est pas valable car le piratage de livre est marginal et que contrairement au bookstore, les prix de l'itms étaient quand même sensiblement inférieur au prix de de ventre cd.
Tu oublies par contre la littérature numérique peut permettre à un auteur de se publier sans aucun frais et sans recourir à aucun éditeur. Il suffit s'installer un petit moyen de paiement sur son site web, et de faire télécharger un fichier pdf, epub ou autre... Ainsi l'auteur engrange tout le bénéfice sans aucun frais de production, tout en conservant les droits sur son livre ( car ce que demande les éditeurs vis-à-vis des textes n'est pas toujours joli joli... ). Et qui dit absence d'intermédiaire entre l'auteur et le lecteur dit textes moins chers également. Je peux faire payer mes textes 2-3€ en ligne, et je gagne tout autant que si un éditeur publiait mon livre à 15€.
Le seul gros problème reste la visibilité de la production, où effectivement les éditeurs ont un rôle à jouer via le marketing ou autres solutions...
Et le piratage du livre, marginal ? Tu rêves :) Les scans se développent à une vitesse hallucinante et sont d'excellentes qualités. Et ce sont quasi tous les auteurs à la mode qui sont disponibles, et mêmes des pointures scientifiques. Quand le grand public saura ça, ça va être la bérézina.
et bien pour l'instant, je n'ai jamais vu dans mon entourage ou ailleurs de livre piratés imprimés, hormi sur les marchés asiatiques. Les mp3 refourgués au To dans les cours d'école, on on ne les compte plus. Quand à la possibilité pour les auteurs de vendre directement leurs oeuvres, je suis à 1000% pour. L'ibookstore risque d'être à l'antithèse de cela en ponctionnant au passage les ouvrages payants, non?
le piratage du livre existe.
Comme du temps du mpeg audio layer 2 (.mp2), il concerne encore qu'un marché de niche, où sont concentrés les débrouillards à coup de scanner et pdf + ou - bien fait
mais par exemple, le piratage a laminé O'reilly en France.
Les éditeurs de jeux de rôle ont pris de plein fouet le piratage de leurs livres, scannés et mis sur internet.
Globalement, tout ce qui est livre "technique" ou "documentation" s'est très bien prêté sa forme en fichier pdf, consulté régulièrement et désiré par un public plutôt technophile.
Le Roman, lentement, suit la même progression. Le piratage concerne pour l'heure des bestsellers.
Le piratage n'a pas besoin d'une édition numérique préalable pour existe. Des scanners adaptés sont très pratiques pour numériser des centaines de pages.
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"L'ibookstore risque d'être à l'antithèse de cela en ponctionnant au passage les ouvrages payants, non ?"
si un auteur vend sans éditeur, ou sans libraire, l'auteur ne sera toujours pas dans un monde vierge et magique
il devra bien mettre "en ligne", donc avoir un hébergeur (payant ou gratuit + pub et upload ridicule) , il devra avoir un système de paiement (payant , tel paypal ou amazon checkout), il devra bien avoir une expertise technique pour faire de superbe .epub et réagir aux soucis de gestion de son site de vente (un ingénieur qui mange )
etc.
Faire un .epub en soi, c'est super simple. On prends son document word ou openoffice, et on le jette violemment dans un programme comme Calibre.
Mais comme toute chose, faire un superbe travail demande temps et minutie. Autant payer quelqu'un.
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bon. revenons au système de vente, magasin, distribution en ligne etc : pourquoi s'embêter à tout apprendre soit même dans sa cave, faire so n ptit serveur linux+apache et devoir penser à tous els problèmes quotidiens de serveurs ?
on est un écrivain boudiou ! on balance toute cette gestion à Bob l'ingénieur (payé) ou à apple qui gère tout !
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Même sans librairie, l'écrivain existe dans un écosystème de prestataire.
Un éditeur est un prestataire qui sait faire tout ça, qui sait aussi conseiller et aider l'écrivain.
Apple est aussi un prestataire, qui sait utiliser d'autre prestataires (akamai par exemple) pour être efficace et toujours accessible par les clients.
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enfin bref, on continuera à payer des gens.
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En étant sur le modèle de l'agence, l'ibookstore supporte bien le modèle d'un écrivain indépendant. L'écrivain fixe le prix, apple prend une commission.